COVID-19 Coronavirus : l’espoir d’un vaccin à l’horizon 2021
Posté : 20 avr. 2020 10:38
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Coronavirus : l’espoir d’un vaccin à l’horizon 2021
Par Marc PayetLe 19 avril 2020 à 19h25, modifié le 19 avril 2020 à 19h47
Partout dans le monde, les chercheurs s’activent pour trouver la parade contre le Covid-19. L’Institut Pasteur lancera des tests sur l’homme dès cet été, avec, selon nos informations, son vaccin rougeole modifié.Eradiquer le Covid-19 avec un vaccin? La course contre la montre est lancée. « Un vaccin sûr et efficace est le seul outil permettant un retour du monde à un sentiment de normalité » constate le secrétaire général des Nations unies, le Portugais Antonio Guterres.
La solution viendra-t-elle de la France? Ce dimanche 19 avril, lors de la conférence de presse du Premier ministre Edouard Philippe et du ministre de la Santé Olivier Véran, la professeure Florence Ader, infectiologue, a annoncé que « l'Institut Pasteur avait un candidat vaccin avancé ». « Des essais chez l'homme vont commencer cet été », a-t-elle précisé. Selon nos informations, il s'agit du vaccin rougeole modifié.
L'enjeu de cette course mondiale est énorme. L'immensité de la tâche donne le tournis : « Il y a sept milliards de personnes sur terre, et nous devrons vacciner presque tout le monde », estime Mark Suzman, le directeur général de la Fondation Bill et Melinda Gates, très impliquée dans ce domaine et qui vient d'annoncer qu'elle consacrerait 150 millions de dollars (138 millions d'euros) à la recherche d'un vaccin. La Commission européenne, de son côté, organisera une conférence internationale des donateurs le 4 mai pour lever des fonds dans ce but.
Seul bémol dans ce concert : la décision brutale du président Donald Trump de couper les financements américains à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), alors même que cette institution, malgré ses défauts, est essentielle pour mener une politique vaccinale dans le monde entier.
Plus d'une centaine de projets lancésActuellement, plus d'une centaine de projets sont lancés dans le monde. Au Royaume-Uni, la Britannique Sarah Gilbert, professeure à l'Université d'Oxford et à la tête de la biotech Vaccitech, se veut très optimiste. « Il y a de bonnes chances pour que ça marche. Le succès à l'automne est possible si tout va à la perfection », confie-t-elle au journal britannique The Times.
En Chine, tout va très vite aussi. Leurs chercheurs ont déjà injecté des « candidats vaccins » sur l'homme à 100 volontaires à Wuhan, l'épicentre de l'épidémie dans le pays. Il s'agit de vaccins dits « recombinants qui insèrent une partie de l'ADN du nouveau coronavirus », en espérant que cela dope la réponse immunitaire de l'organisme.
Chacun des volontaires a reçu 500 yuans (65 euros)… sans que l'on connaisse pour l'instant les risques d'effets secondaires pour les testeurs, qui se disent « honorés d'avoir été choisis ».
En France, le président Emmanuel Macron, dans son intervention du 13 avril, a souligné lui aussi que, pour sortir de la crise du Covid-19, « la première voie est celle des vaccins ». « Nous aurons besoin de plusieurs mois au moins pour la mettre en œuvre.
Notre pays investira plus encore dans la recherche », a-t-il dit, en promettant « des initiatives fortes » afin d'en garantir l'accès au plus grand nombre.
Des centaines de millions de dollars en jeuDu côté des grands laboratoires pharmaceutiques, le géant français Sanofi a noué un partenariat avec son homologue britannique GSK « pour s'associer afin de faire un vaccin qui pourrait être disponible au deuxième semestre 2021 ».
Mais à qui seront adressés les premiers lots en cas du succès ? Des centaines de millions de dollars sont aussi en jeu.
Les deux groupes pharmaceutiques ont signé un accord avec le « Barda » (« Biomedical Advanced Research and Development Authority ») qui dépend du ministère de la Santé des Etats-Unis. Ils « prévoient » d'engager des discussions avec d'autres Etats et des organisations pour assurer sa diffusion internationale.
Aux Etats-Unis aussi, la firme Moderna, emmenée par le Français Stéphane Bancel, semble bien placée dans la course au Graal.
L'Europe, et le reste du monde, pourront-ils en bénéficier aussi vite, si le vaccin était découvert sur le sol américain ? L'inverse provoquerait un tollé.
Un virus qui « surprend un peu par ses mécanismes »Mais le chemin de la découverte est semé d'embûches. Comme une douche froide, certains, plus pessimistes, évoquent les échecs. « Malgré des centaines de millions investis, depuis des années, on n'a pas trouvé de vaccins contre le VIH », constate le Dr Yves Charpak, épidémiologiste, et qui a été conseiller à l'OMS.
Jusqu'à présent, le virus du Covid-19 garde sa part de mystère : « Il surprend un peu par ses mécanismes. Il semble qu'il puisse y avoir portage de virus persistant malgré des anticorps présents, ou guérison totale sans anticorps », ajoute Yves Charpak.
Les différences de réponses inflammatoires des individus face à la maladie pourraient rendre plus compliquée la mise au point d'un vaccin, censé être efficace pour tous. « Mais cela ne doit pas nous décourager. On amasse beaucoup d'informations en ce moment », conclut Yves Charpak.
L'exemple à suivre, c'est celui de la variole. Cette terrible maladie, qui tuait encore des centaines de milliers de personnes dans le monde au XXe siècle, a été entièrement éradiquée par une campagne de vaccination massive menée par les Etats et l'OMS depuis les années 1950.
Et en 1980, la tueuse a disparu de la surface du globe! « Ce qu'on a su faire contre la variole, en mettant toutes nos forces ensemble, pourquoi on n'arriverait pas à le faire avec le Covid-19? C'est la marche à suivre », explique un scientifique français.
Comme à la grande époque de Louis Pasteur, au XIXe siècle, le vaccin revient totalement en grâce, principal protecteur face aux maladies infectieuses.
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En Chine, tout va très vite aussi. Leurs chercheurs ont déjà injecté des « candidats vaccins » sur l'homme